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Vaporesso Gen Max : la grille de test d'une box 220 W

Par Grégoire Painlevé · · 7 min de lecture

Vaporesso Gen Max : la grille de test d'une box 220 W

Une box annoncée à 220 W ne délivre pas 220 W parce que c’est écrit sur l’écran. Elle les délivre si les accus installés acceptent le courant que cela réclame, et cette condition ne figure sur aucune fiche produit. Le Vaporesso Gen Max rend la démonstration facile : c’est un châssis double accus, bien documenté, dont la puissance maximale ne dépend pas de lui.

La mesure décisive sur une box double accus

Sur ce type d’appareil, la première grandeur à établir n’est pas la puissance affichée, c’est le courant appelé aux accus.

Deux accus 18650 montés en série donnent une tension nominale d’environ 7,4 V. À cette tension, une puissance de 220 W correspond à un courant approchant les 30 A, que les deux cellules doivent fournir en continu. Le calcul est immédiat, la puissance divisée par la tension, et il se refait pour n’importe quel palier de réglage.

C’est cette valeur, et non le chiffre gravé sur le boîtier, qui décide de ce que l’appareil peut réellement faire. Toute la suite du protocole en découle.

Ce que Vaporesso annonce sur le Gen Max

Un banc commence par recopier proprement les déclarations, en les datant et en les attribuant. Sur ce kit, elles sont complètes et se recoupent bien, à une exception près.

Le bloc de caractéristiques

Les fiches françaises donnent une plage de 5 à 220 W, un châssis en alliage de zinc de 141,4 x 49,7 x 28,5 mm pour 196 g, un écran couleur TFT de 0,96 pouce, une recharge en USB-C annoncée à 2 A, une connexion 510 et un drip tip 810. Les deux accus 18650 ne sont pas fournis.

Le clearomiseur iTank T affiche 6 ml, avec une arrivée d’air par le haut et un réservoir pyrex droit de 3 ml livré en rechange. Deux résistances GTi accompagnent le kit, une 0,2 ohm donnée pour 60 à 75 W et une 0,4 ohm donnée pour 50 à 60 W, la gamme montant jusqu’à 0,5 ohm et descendant à 0,15 ohm.

Une divergence sur les modes de vape

La liste des modes n’est pas la même partout. Le test publié par Le Petit Vapoteur en juillet 2024 cite des modes Eco, Pulse et Smart, quand la fiche du revendeur Vapo-Shop parle de Pulse, F(t) et Smart, avec un chipset Axon.

Ce genre d’écart se règle sur l’appareil, en photographiant les menus, pas en choisissant la source qui arrange. Un relevé publie la liste constatée et signale la fiche qui diffère.

Vérifier que les 220 W sont atteignables

Le chiffre maximal d’une box est une capacité du circuit, pas une promesse de fonctionnement. Le protocole consiste à confronter ce chiffre aux cellules réellement installées.

La démarche est simple. On relève le courant de décharge continue admissible imprimé sur les accus, on calcule le courant appelé au palier de puissance visé, et on compare les deux. Quand le second dépasse le premier, le palier sort du domaine d’emploi des cellules, quelle que soit la valeur que l’écran accepte d’afficher.

Le cas se rencontre couramment : les packs vendus avec ce kit associent parfois des cellules 18650 données pour 20 A de décharge continue, une valeur inférieure au courant qu’un palier de 220 W réclamerait. Le protocole impose alors de plafonner le relevé au courant admissible et de le dire, plutôt que de pousser la box jusqu’à son maximum théorique.

Mesurer la puissance restituée, pas la puissance demandée

Entre le réglage saisi et l’énergie qui arrive à la résistance, il y a le rendement du circuit et la chute de tension des accus.

Le relevé se conduit à réglage fixe, sur une résistance dont la valeur à froid a été mesurée. On note la puissance affichée, la tension aux bornes de la résistance en fin de bouffée, et l’état de charge indiqué en début et en fin de série. La comparaison entre les paliers successifs révèle à partir de quel niveau l’appareil décroche.

Un banc mène cette série deux fois, avec la 0,2 ohm puis avec la 0,4 ohm, parce que ces deux résistances ne sollicitent pas le circuit de la même façon. Publier une seule série revient à décrire la moitié de l’appareil.

Les points qu’aucun instrument ne mesure

Un protocole complet réserve une place à ce qui relève du constat d’usage, à condition de ne jamais le présenter comme une mesure.

Le testeur du Petit Vapoteur note ainsi un switch rotatif dur à tourner, impossible à régler au pouce, et un rendu des saveurs qu’il juge en retrait par rapport à la génération précédente du clearomiseur, l’arrivée d’air par le haut limitant en contrepartie les fuites. Ce sont des observations situées, faites par une personne identifiée, sur un exemplaire.

Elles ont leur place dans un banc d’essai, dans une rubrique distincte, avec l’attribution. Mélangées aux relevés chiffrés, elles leur emprunteraient une autorité qu’elles n’ont pas.

Le protocole de charge d’une box à accus amovibles

Un châssis à accus amovibles offre deux chemins de charge, et les deux ne se valent pas.

Sur le port USB-C annoncé à 2 A, le courant se partage entre les deux cellules, ce qui allonge la durée par rapport à une charge sur chargeur externe où chaque accu dispose de son propre circuit. La mesure se fait avec un testeur USB, en notant le courant maximal, sa décroissance et la fin de charge.

La comparaison entre charge interne et charge externe est l’un des relevés les plus parlants de ce protocole, et elle vaut pour tout le matériel à accus. Nous la traitons en détail dans notre méthode de test d’un chargeur d’accus.

FAQ

Cinq questions de méthode qui se posent dès qu’on installe une box double accus sur le banc.

Faut-il apparier les deux accus d’une box double ?

Deux cellules de même modèle, de même âge et de même état de charge se comportent plus régulièrement en série. Un relevé sérieux note la référence des deux accus et leur historique, sinon deux sessions ne portent pas sur la même configuration.

Le mode contrôle de température entre-t-il dans le protocole ?

Il fait l’objet d’une série à part, jamais mélangée à la série en puissance variable, car il change la grandeur pilotée. On ne compare pas un relevé en watts et un relevé en degrés.

Comment mesurer la contenance réelle d’un réservoir de 6 ml ?

À la balance, en pesant le clearomiseur vide puis rempli au niveau recommandé, et en convertissant la différence de masse en volume selon le ratio de base employé. Le volume mort autour de la cheminée explique l’écart avec la valeur annoncée.

Un écran couleur influence-t-il le résultat des mesures ?

Non, mais il consomme, et cette consommation entre dans l’autonomie relevée. C’est une raison de plus pour compter des bouffées à réglage fixe plutôt que d’annoncer une durée en heures.

Faut-il tester un appareil avec les accus fournis dans un pack ?

Oui pour reproduire l’expérience de l’acheteur, puis une seconde fois avec des cellules dont la décharge continue admissible couvre le palier visé. Les deux séries s’annoncent séparément.

Sur le même sujet

Ce que le banc retient du Vaporesso Gen Max

La grille appliquée au Vaporesso Gen Max donne un ordre de lecture stable : d’abord le courant appelé et ce que les accus admettent, ensuite la puissance restituée par palier et par résistance, puis la contenance pesée et la courbe de charge, enfin les constats d’usage, clairement séparés et attribués. Le chiffre de 220 W n’est pas faux, il est conditionnel, et c’est exactement le genre de nuance qu’une fiche produit ne peut pas porter. Un banc, si.

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